Bon, à ceux qui ont lu, au début de l'article précédent la mention "voici un rapide bilan...", je présente mes plus plates excuses mais finalement j'ai eu envie de faire un truc un peu plus exhaustif...
Départ jusqu'aux 10km, avec Tristan on court derrière le ballon 4heures, c'est vraiment tranquille, il y a plein de monde et tout le monde est content. Soulagé par ma foulée légère, j'ai le smile et suis même pris d'un furieuse envie de discuter et de déconner. Je me dis, continues exactement à cette allure et tu passeras sous les quatres heures...
Au douxième kilomètre à peu près, je me sens chaud et me dis que je peux forcer l'allure. Je laisse Tristan et les quatre heure derrière et me fait une échappée. Ma gêne au genou droit est là mais elle ne tue pas ma foulée alors je me concentre uniquement pour trouver le geste où la gêne restera telle quelle...
km 16, on s'apprête à plonger vers Carouge par une ligne droite infinie et en plein soleil et qu'il faudra remonter non sans avoir fait un joli détour dans la zone industrielle qui se trouve au bout... Là commence mon calvaire, mon genou fait des siennes, je sens ma foulée raccourcir, je vois ceux que j'ai doublé allègrement tout à l'heure me repasser... arrivé dans la Route des Jeunes, mon seul objectif est de ne pas m'arrêter, le quatre heure est toujours derrière mais mon avance fond comme neige au soleil... A la faveur d'un joli S, je croise Tristan et lui gueule des encouragements, il a l'air d'en baver au moins autant que moi... Je finis par m'approprier ma douleur et je trouve un rythme ce qui, même s'il est pas rapide, me permet de garder un peu le moral. km36, Ayé, je suis vert, le ballon 4heures me double à une vitesse qui me semble interstellaire. Après 24km passé devant, me faire moucher comme ca me sort de mon attentisme. Je donnes tout pour lui emboiter le pas et je m'etonnes à y parvenir assez respectablement. Il est vraiment très cool le ballon, il se retourne pour encourager ceux comme moi qui cherchent à suivre, et là ravito, il s'arrête de courir et nous dis de prendre des gels... Personnellement, j'en ai pris quasiment à chaque ravito et m'en suis fourré plein les poches... Je crois que j'ai gagné la partie et que je vais finir en battant mon ballon au sprint final... Pffff.... HaHaHa...
Il repart, et je suis, nous sommes dans les 5 derniers km on repasse le pont du Mont Blanc, je suis de loin le ballon, il y a un monde fou, des bagnoles, des touristes, pleins de coureurs (on a rejoint les semi marathoniens), c'est le bordel et je suis claqué, par contre, je ne sens plus mon genou ... Je me sens pousser, pousser pour allonger ma foulée et ca marche je sens à nouveaux que j'abat du kilometrès mais putain que c'est dur... Le coup fatal c'est la remontée vers les pâquis, je vois l'arrivée avec son gros boudin gonflé, j'accélère encore, je suis en transe, un monde de ouf de la musique à fond, mon ballon se raproche et soudain, l'arrivée s'éloigne... fausse alerte, il y a encore au moins 3km500 a faire encore... Je me suis fait avoir comme un con, je prends un serieux coup au moral, et pour couronner le tout voilà que la route commence à grimper... A ce stade mon ballon, qui lui, n'a pas changé d'allure est loin et mon espoir de finir avec lui aussi... Je marche dans la montée la mort dans l'âme... Difficilement et douloureusement, je me remets à courir doucement jusqu'au virage qui annonce l'entrée dans la dernière ligne droite... et là, je rattaque je double des types à tour de bras, il y en a plein affalés sur le bord en train d'agoniser, certains sont carrement sous perfusion... et tout plein de gens qui gueule ton nom en disant que c'est cool, que t'es bientôt arrivé, tout ca, tout ca... Moi, je me sens euphorique, je vais peut etre rattraper mon ballon, je pousse, pousse... Les derniers 200mètres, je les fais au sprint, je ne sens plus mes jambes et je m'etonnes de sentir cette poussée venir d'en bas, c'est ultra grisant... Au final, je suis allé voir mon ballon (il s'appelait Bretrand) pour le remercier de m'avoir redonné la motivation qui autrement m'aurait manqué pour finir... et j'apprends qu'il a mis 3h58... et moi 4h01 Je ne le félicite pas, c'est quand même un peu de l'abus de confiance :-)
1 commentaire:
Quelle aventure!
Tu es bien courageux de faire ca. C'est dommage a 1 minute pres j'aurais été fier de mon cousin... ;o) je rigole!
A bientot (sur toulouse?)
mica
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